27.02.2008
Flânerie chez un bouquiniste…
Depuis que j’habite Valence, j’aime à écumer les bouquineries. Une en particulier retient mon attention et a obtenu ma fidélité. Le nom de ce magasin « Oh Case ! » aurait pu être un peu plus littéraire, faire une sorte de clin d’œil à l’univers culturel qui inonde son antre. Mais qu’importe, c’est un détail. A l’entrée, une pléiade de livres à un euro s’éparpillent et se mêlent. Ceux là ne sont pas forcément d’un grand intérêt, le meilleur reste à venir. On est accueilli par Christian, la quarantaine, « vieux loup des lettres », passionné par sa caverne aux trésors. Je me souviendrai longtemps de ma première entrée là-bas. Je revois ces étagères remplies de livres Gallimard à peine lus, à peine abîmés. Un prix dérisoire, un plaisir des pupilles. Et puis, d’immenses bibliothèques remplies de poches. Pocket, 10/18, Folio, Livre de Poche, Babel, J’ai lu… Ils sont tous là, de Fante à Duras, de Nothomb à Besson. Pas un seul ne peut nous échapper, on fouille, on tourne, on retourne, on s’extasie, on sourit, on s’impressionne. Là, on trouve des pépites, des livres longtemps oubliés, d’autres à peine froissés, et d’autre encore neufs, ou bien parfois marqués par le temps, jaunis, avec une odeur de vieux papier qui nous enivre. Des merveilles se cachent ici, il n’y a qu’à se pencher, regarder, rêver à toutes ces lignes qui nous attendent, à ces caractères imprimés qui nous tendent les bras, et tous nos sens qui s’affolent des heures à passer en leurs compagnies. J’ai mis les pieds ici alors que l’après midi déclinait, et j’en suis ressorti à la nuit tombée. Cette nuit là, justement, j’ai lu comme un fou, sans interruption, avec ce plaisir en moi de tout savoir, de tout connaître. Il me serra certes impossible de tout lire, mais qu’importe, cette illusion me le fait croire. Depuis, j’y retourne souvent. Je commande surtout des livres introuvables, sur James Dean notamment. Parfois, je me laisser tenter par un pauvre livre abandonné sous un tas de papiers. Certaines éditions sont magnifiques, dorés sur leur tranche, papier bible et tout le toutim. Pas plus de dix euros pour trois, quatre, cinq, voire parfois six livres. Mon bol d’air frais de la semaine. Un monde à part, à découvrir, auquel je vous convie, tout naturellement. Christian, si vous savez l’aborder, vous parlera de ses périples lointains, de ses lectures, de cet amour des livres qui l’anime et qui le porte, chaque jour, un peu plus. Librairie « Oh ! Case »
26000 Valence
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24.02.2008
« Marilyn, Dernières Séances » de Michel Schneider
Passionné par Marilyn, je le suis depuis l’enfance. D’abord l’image de cette blonde en robe blanche qui vole au dessus d’une bouche de métro, puis quelques films, et enfin sa vie –son insoutenable histoire. Norma Jean Baker, simplement. A la sortie de ce livre, en 2006, j’avais longtemps tourné autour, avant de me résoudre à attendre la sortie en poche. Et puis, il y a quelques semaines, je tombe sur un Folio, dont la couverture était celle d’une femme blonde langoureusement enroulée dans des draps de soie blanc, les yeux mi-clos, la peau pâle. Seules ses lèvres, d’un rose éclatant rends une tache de couleur. S’il existe la photo noire & blanc, on pourrait inventer pour Marilyn celle blanche et blanche, juste pour elle. Marilyn. Rien que Marilyn. Le livre se découpe en une multitude de chapitres, qui sont autant de flash back sur des lieux, des dates, des histoires. Beaucoup de retour en arrière, d’ellipses, qui servent à merveille ce récit hautement documenté sur la relation ambiguë entretenue en le docteur Greenson et sa plus célèbre patiente, Marilyn. Marilyn le rencontre en janvier 1960 et ne le quittera pas jusqu’à ce jour d’août 1964 où elle trouvera la mort. Entre temps, de nombreuses séances psychiatriques, des tournages de films éprouvant, des amours perdus ou revenants, des photoshoots désabusés, déshabillés, désenchantés. De la tristesse, des cachetons, du glamour et des paillettes, des mensonges et des non-dits. Fort bien écrit, ce roman se lit à une vitesse incroyable malgré ces quelques cinq cent pages. Au final, on repense à Marilyn. Elle n’était pas folle : la folie n’existe pas. Au contraire, on créé la folie de toute pièce, et on absorbe tout un être pour le rendre prêt à s’écarteler. Pour que quelque chose craque. Quelque chose doit craquer, c’est bien cela. A découvrir, à aimer, à garder profondément dans son esprit. Car Marilyn n’était elle que lorsque Norma Jean le souhaitait, et au fond, bien que perdue, elle savait par avance sa destinée. Inachevée, mais intense. « Marilyn, Dernières Séances » de Michel Schneider Editions Folio Prix Interallié 2006
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18.02.2008
"LA BALADE SAUVAGE" de TERRENCE MALICK
J’ai découvert ce film au Festival International du Premier Film d’Annonay l’an passé, et il fût tellement important pour moi que je me le suis très vite procuré en dvd, et je ne cesse depuis de le revoir, avec toujours le même émerveillement. L’histoire se déroule à la fin des années 1950, dans une contrée perdue des Etats-Unis. Kit, un jeune homme de vingt-cinq ans, beau gosse, stylé comme James Dean et avec une rock’n’roll attitude digne des plus grand, s’éprends de la jeune Holly, de dix ans sa cadette. Le père de cette dernière désapprouve cet amour. Malheureusement, l’amour presque paternel que porte Kit à Holly le poussera à tuer ce père qui fait de l’ombre à son histoire. Le père liquidé, la maison brûlée, les deux amants shakespeariens s’enfuient à travers les Etats-Unis, dans un road-movie où la police les recherche, en vain. D’abord cachés dans une forêt, à la manière de Robinson, puis prenant en otage d’anciennes connaissances ou de parfaits inconnus, Kit et Holly crèvent l’écran, et transportent le spectateur dans un univers glauque, féerique, irréel, terreux. Leur cavale sème sur son passage la mort, le sang, les pleurs. Jusqu’où iront ils ? Un film coup de poing, un chef d’œuvre de Terrence Malick tout en douceur, magnificence, délicatesse, hargne. Les paysages américains, à perte de vue, sont simplement d’un autre temps, d’une autre époque où les rêves avaient encore le droit d’y croire, où tout semblait possible. Mais la vie rattrape vite les amants, les enserre dans ses griffes, mais ne les touche pas. Enfin presque. Le dvd de ce film est vendu à prix dérisoire sur quelques sites de vente discount, alors n’hésitez pas. Vous ne pouvez pas être déçu ! « La Balade Sauvage », film de Terrence Malick, USA, 1974.
18:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.02.2008
COME BACK
16:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note